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Être maître d'apprentissage aujourd'hui



Tour à tour médiateur, formateur, tuteur voire confident, le maître d'apprentissage endosse des responsabilités complexes qui nécessitent une formation solide.


Être maître d'apprentissage aujourd'hui
La formation en alternance, c’est avant tout une affaire de rapports humains. Au coeur des interactions nombreuses induites par le contrat liant un apprenti à son employeur, se trouve le maître d’apprentissage. Tour à tour médiateur, formateur, tuteur voire confident, son rôle s’est trouvé réaffirmé par la mise en place en 2004 de la Charte de l’alternance pour l’apprentissage en Limousin et renforcé par les nouvelles modalités de délivrance des diplômes en contrôle en cours de formation. Une responsabilité complexe qui nécessite une formation solide à cette fonction particulière. Formation proposée tant par la Chambre de métiers que par les CFA. Pour Laurent Melin, Président de la commission des formations de la Chambre de métiers et de l’artisanat de la Corrèze, être maître d’apprentissage aujourd’hui : « c’est accepter de transmettre pour assurer le développement et la pérennité des entreprises artisanales ».

Maintenir la qualité, un enjeu majeur

Claudine Labrunie, Vice-présidente du Conseil régional du Limousin
Claudine Labrunie, Vice-présidente du Conseil régional du Limousin
“Une formation par l’apprentissage, il faut toujours le rappeler, ne peut se dérouler que lorsque trois conditions sont réunies : la volonté d’un jeune de préparer un diplôme par cette voie de formation, un centre de formation susceptible de l’accueillir, et enfin une entreprise capable à la fois de recruter le jeune et de contribuer à sa formation sous la responsabilité d’un maître d’apprentissage.

Le rôle du maître d’apprentissage dans le parcours de formation de l’apprenti est donc essentiel puisque, en lien et en complémentarité avec le centre de formation, il va accompagner l’apprenti dans l’acquisition de ses connaissances en situation de pratique professionnelle.

C’est pourquoi nous avons souhaité rappeler, dans nos conventions avec les CFA, combien la formation des maîtres d’apprentissage était importante, et la Région charge donc les centres à la fois d’informer les maîtres d’apprentissage sur la pédagogie de l’alternance, mais aussi de leur proposer des formations leur permettant d’acquérir le titre de « maître d’apprentissage confirmé ».

La Région Limousin met la qualité au coeur de sa politique d’apprentissage, et les résultats en la matière sont très largement reconnus. La formation des maîtres d’apprentissage est un des éléments de la qualité de l’apprentissage en Limousin. Alors que le nombre d’apprentis a significativement augmenté dans la dernière période, maintenir ce niveau de qualité est un enjeu majeur.”

Maître d’apprentissage, donc responsable.

Gilbert Riche est le chef du Service académique d’inspection de l’apprentissage (SAIA) du Rectorat.
Gilbert Riche est le chef du Service académique d’inspection de l’apprentissage (SAIA) du Rectorat.
Référent et formateur du jeune en entreprise, le Maître d’apprentissage a une responsabilité centrale dans la bonne exécution du contrat. Un rôle précisé dans la charte de l’alternance pour l’apprentissage en Limousin dont il est signataire. Gilbert Riche, chef du service académique d’inspection de l’apprentissage précise les contours de cette responsabilité.

Depuis 2004 les Maîtres d’apprentissage sont signataires de la charte de l’alternance pour l’apprentissage en Limousin. Pouvez-vous nous dire en quoi c’est important ?

Parce que toute signature engage ! C’est donc une manière de donner à la fonction de maître d’apprentissage ses lettres de noblesse tout en précisant les missions et la responsabilité qu’elle induit. La charte distingue et précise le rôle de chaque partie au contrat d’apprentissage : l’employeur, le jeune, ses parents lorsque celui-ci est mineur, l’équipe éducative du CFA et enfin le Maître d’apprentissage. Elle est signée par tous dès le début de la formation et figure dans son livret d’apprentissage. C’est donc un repère permanent auquel chacun est tenu de se référer tout long du déroulement du contrat. Je ne manque pas de le rappeler aux équipes éducatives des CFA, lorsque des difficultés surviennent.

Pouvez-vous rappeler les missions du maître d’apprentissage ?

La charte de l’alternance pour l’apprentissage en Limousin synthétise les fonctions remplies par le Maître d’apprentissage lesquelles se répartissent en trois grands axes : « assurer la formation de l’apprenti », « contribuer au suivi et à l’élaboration de la formation », « garantir la sécurité de l’apprenti ». Sous ces thèmes on trouve des missions essentielles à la mise en oeuvre de la pédagogie de l’alternance dans l’apprentissage. Avec une focalisation toute particulière sur l’importance des supports de liaison préparés avec l’équipe pédagogique du CFA. Ceux ci sont en effet constitutifs du lien qui doit s’établir entre les deux lieux de formation. Un document de liaison bien tenu est le plus souvent révélateur d’une pratique véritable de la pédagogie de l’alternance. A l’inverse, négliger d’accompagner le jeune dans la tenue de son livret pose le problème de la responsabilité du maître d’apprentissage dans l’exécution du contrat qui lie l’employeur au jeune. C’est pour rappeler toute ces notions que les CFA ont mis en place des séquences de formation des maîtres d’apprentissage. Le CFA Bâtiment par exemple fait dans ce domaine un excellent
travail.

En cas d’absences répétées au CFA, certains employeurs d’apprentis comme les apprentis eux-mêmes ou leurs familles reçoivent parfois des courriers de mise en demeure émanant du SAIA*. Ne faudrait-il pas plutôt privilégier le dialogue ?

Mais le dialogue n’exclut pas la fermeté ! Et le SAIA, s’il a effectivement une mission de contrôle, privilégie toujours l’accompagnement. Toutefois, en matière d’absentéisme, c’est le « zéro absence injustifiée » qu’il faut viser comme l’a rappelé récemment le Recteur d’Académie. Tout simplement, parce qu’au-delà de la simple application des textes du code du travail, c’est de l’avenir de l’éducation d’un jeune dont il s’agit. Tolérer les retards ou les absences en
entreprise ou au CFA, c’est faire peu de cas de la rigueur et de l’exigence propres à la vie professionnelle. Inadmissible quand on affirme vouloir former un jeune. Mais au-delà de la mise en demeure, il y a l’action corrective à trouver. Et pour cela le SAIA est toujours prêt à s’impliquer aux côtés du maître d’apprentissage pour que les choses changent.

* Service académique d’inspection de l’apprentissage du Rectorat.

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